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Un artiste entouré d'artistes.

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Freddy Tiffou est né en 1933 à Alger de l'union entre Lucienne Baille et d'Edmond Tiffou, un peintre enlumineur algérois. Celui-ci a notamment publié The Illuminator, un livre écrit avec verve et passion dans lequel il parle de son enfance, de son service militaire et surtout de son apprentissage de l'art de l'Islam : les enluminures.Freddy Tiffou vit alors dans le quartier du Hamma à Alger. Il fréquente l'école Aumerat de Belcourt. Il est alors très bon élève et déjà très doué pour le dessin. Il se prédestinait donc dès son plus jeune âge à une carrière artistique...
1945 - Tiffou est le 3e de gauche à droite au 2e rang.1946 - Tiffou est le 3e de gauche à droite au 2e rang.

Freddy Tiffou suit ensuite l'enseignement de l'Ecole des Beaux-Arts d'Alger. Il suit en effet les cours prodigués par Louis Fernez, un dessinateur célèbre. C'est ici que s'affine petit à petit son goût pour la peinture, pour les couleurs, pour les formes... L'une de ses premières oeuvres importantes représente d'ailleurs le Jardin d'Essais du Hamma à Alger, un magnifique parc qui étend ses 62 hectares entre les quartiers du Ruisseau et de Mustapha au fond de la baie d' Alger. C'est d'ailleurs ici qu'il rencontrera certains amis artistes qu'il fréquenta pendant de nombreuses années.

Cependant, en 1953, il partit pour Paris où il fut admis aux Beaux-Arts. Il travailla alors sous la direction de Maître Legueult. C'est ici qu'il fonda avec une dizaine de camarades le groupe dit "de Rosny". Il confirma ses dons précoce dans la capitale où il vécut à l'hotel, jusque 1960, année où il dut partir au service militaire après avoir été chassé de son atelier de Rosny-sous-bois par une bande de squatters installés avec femmes et enfants.
C'est finalement à Alger qu'il rencontra une jeune artiste, une sculpteur-dentelière qu'il épousa : Colette Frapolli dont le père était le maire de Fort National en Algérie. Celui fut d'ailleurs assassiné le 23 aout 1955 en Kabylie. Après son mariage, elle prit le nom de Freddy... Elle devint alors Colette Tiffou. Plus tard, elle reçut plusieurs récompenses pour son travail de la dentelle. Ainsi, elle fut sacrée meilleure ouvrière de france en 1986, grand prix de la ville de Denain en 1986, grand prix departemental des métiers d'art de la Seine-Saint-Denis en 1988 et Grand prix des métiers d'art de l'Ile de France en 1990. Même face à la maladie de Colette dans les années 80-90, ils continuèrent de former un couple très uni. Ils se complétaient à merveille. Ils étaient tous les deux très artistes, d'une allure un peu bohème. Freddy était assez discret et avait une sorte de regard plein de douceur, de rêve et de nostalgie. Colette était plus pétillante, plus loquace... Elle avait d'ailleurs cette jolie voix brisée des grandes fumeuses...
créations de Colette Tiffou

De leur mariage naquit une fille, Caroline et un fils, Stéphane qui marcha sur les traces de son père et de son grand-père et devint artiste (designer).

Un amoureux de l'Algérie.

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La «Dépêche Quotidienne d'Algérie» offre une conversation passionnante entre les peintres algérois Jacques Burel, Henri Chauvet, J.A.R. Durand, Sauveur Galliéro, Freddy Tiffou et Rafel Tona à propos de l'esthétisme dans la peinture... Ce "débat" fut dirigé par Fernand Arnaudiès, qui a assuré pendant plus de vingt ans la chronique d'art de la «Dépêche Quotidienne d'Algérie» .

Pour lire le fameux débat, c'est ici.

Voici de gauche à droite réunis à « La Dépêche » : Jacques Burel, J.A.R. Durand, Freddy Tiffou, Henri Chouvet, et de dos Sauveur Galliéro et Fernand Arnaudiès.
(Photos S. Rolando fils)

C'est à Alger, en 1955, dans la Galerie Comte-Trinchant, que Freddy Tiffou connut sa première exposition. Le critique artistique de la revue Algeria remarqua alors sa tendance "Buffet". Deux ans plus tard, en 1957, après avoir été mentionné lors du Prix Viking, il se vit attribuer le Prix de la Ville d'Alger. C'est alors qu'il réalisa deux grandes toiles (de 3 et 4 mètres) pour décorer la Maternité de l'Hôpital Parnet à Dussein-Dey.

Alors qu'il accomplissait ses obligations militaires, Freddy Tiffou continua d'exposer. Une première fois à Alger en 1960 et une deuxième en avril 1961,dont l'inauguration eut lieu la veille du "Putsch". Après deux ans de service, cette exposition devait marquer la rentrée de l'artiste. Elle présentait pour la première fois le "groupe des 7" à la Galerie Romanet. Cette réunion d'artistes comprenait, outre le sculpteur Henri Chouvet : Jacques Burel, André Cardona, Jean Simian, Jar-Durand et son élève René Sintès. Ce dernier sera d'ailleurs enlevé et jamais retrouvé quelques mois plus tard. Malheureusement, cette exposition fut un échec pour des raisons imputables à l'Histoire.

Une période très douloureuse s'annonçait... En effet, malgré son amour de l'Algérie, Freddy Tiffou fut contraint de quitter son pays natal et plus particulièrement Alger, la ville de son coeur. Avec de nombreux "pieds-noirs", suite à la déclaration d'indépendance de l'Algérie, il rejoignit la ville de Bagnolet. Il fait donc partie de cette population partagée entre deux cultures, entre deux pays, entre deux modes de vie différents... Freddy Tiffou en a fait une force, en a tiré son talent, en a extrait le firmament même de son art... C'est en 1962, la même année, qu'il remporta le fameux Prix de Rome.

Des débuts méritants.

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Le Prix de Rome était une bourse d'étude pour les étudiants en Art initiée en 1663 sous le règne de Louis XIV. Il permettait de sélectionner les étudiants qui séjourneraient à l'Académie de France à Rome.

Chaque année, l'Académie organisait un nombre important de concours à l'intention de ses élèves. Les éléments qui faisaient du Prix de Rome un concours hors du commun étaient ses règles strictes, le nombre des juges, l'anonymat des concurrents, le vote secret et enfin l'appel au jugement de la presse et du public. Le concours était considéré comme un système démocratique par excellence. Pour découvrir plus en détail le contenu des épreuves, cliquez ici.

De toute la série de concours, le Prix de Rome était le plus complexe et le plus prestigieux. Non seulement il attirait l'attention de la presse internationale, mais il ouvrait la porte à la célébrité et, souvent, à de brillantes carrières. Organisé en peinture, sculpture, architecture, gravure et composition musicale, il fut finalement supprimé par André Malraux en 1968. Cependant, tout au long du dix-neuvième siècle, la distribution annuelle des prix devint l'un des événements majeur de la vie artistique.Freddy Tiffou fut donc l'un des derniers lauréats du Grand Prix de Rome de Peinture. Il obtint cette bourse d'étude en 1962. C'était, avec André Geck en 1936 catégorie sculpture, le deuxième algérois à obtenir cette haute distinction. Le concours s'était réalisé sur le thème "autoportrait de l'artiste", exercice auquel Freddy Tiffou n'était absolument pas préparé. Sa mère, fondatrice et directrice de la Clinique du Ruisseau, qui vivait encore à Alger apprit la nouvelle avec l'émotion qu'on imagine.

Cela lui permit de rejoindre l'Académie de France à Rome, la Villa Medicis dès le 25 janvier 1933. Il quitta ce magnifique bâtiment situé dans le Parc Borghese le 30 avril 1966 après avoir passé trois ans sous la direction du célèbre peintre Balthus (Balthazar Klossowski de Rola) alors directeur de l'établissement. Visiblement il semble difficile de retrouver des traces de cette époque car Balthus avait entrepris un large chantier de rénovation du lieu et ne semblait pas s'intéresser aux archives et à la sauvegarde d'une mémoire collective. Cela étant dit, c'est ici que Freddy Tiffou rencontra l'architecte Michel Dufour (Prix de Rome 1962 également),un pensionnaire dont le travail eu un impact non-négligeable sur l'oeuvre de Freddy Tiffou.
Par ailleurs, c'est au cours de cette période que naquit son fils.

Des récompenses prestigieuses.

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Outre le Prix de Rome, Freddy Tiffou reçut, en 1958, le fameux Prix Velasquez, une importante récompense espagnole. Malheureusement, cette bourse lui fut retiré pour "non-usage dans les délais". Ainsi, il pouvait se targuer d'avoir obtenu la bourse pour la Casa Velazquez la même année que Prix de la Jeune Peinture, l'équivalent du Prix Goncourt de la Littérature. Il fut également selectionné en 1956 pour le Prix Othon Friesz alors qu'il était boursier à Collioure. Ces récompenses furent accueillies avec beaucoup d'humilité par l'artiste. Elles traduisent surtout la confiance accordée par ses pairs et sont la preuve indéniable de son talent. Par ailleurs, ces nombreux prix lui permirent d'être exposé un peu partout dans le monde. Son oeuvre voyagea de Paris à Tokyo (grâce à la Galerie Tamenaga) en passant par l'Italie, l'Allemagne, l'Algérie, les Etats-Unis, sans oublier Antibes dans une exposition intitulée « Les Cinquante Derniers Premiers Grand Prix de Rome » chez Picasso-Antibes. Cette exposition, qui s'est tenue du 15 juillet au 31 octobre 1977, était alors placée sous le haut patronage de Michel d'Ornano, ministre de la culture et de l'environnement et de Pierre Merli, maire d'Antibes. L'oeuvre choisie pour représenter Freddy Tiffou n'était autre que celle qui lui avait permis de gagner le Prix de Rome : Autoportrait entouré d'objets, une oeuvre aujourd'hui exposée à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (ENSBA).

Un artiste "résident".

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photographie de Justin Arnault


Accueillir un artiste "en résidence", c'est lui donner du temps et des moyens pour mener à bien un travail de création. C'est aussi et surtout permettre à un public, le plus large possible, de découvrir de l'intérieur un univers artistique. Ainsi, le programme d'une résidence artistique s'articule autour d'une création et s'accompagne d'un projet pédagogique qui ouvre aux bagnoletais les portes de la pratique artistique avec des ateliers, des stages et des rencontres proposés dans différentes structures municipales.

Avec de nombreux autres artistes, Freddy Tiffou fut accueilli "en résidence" par la ville de Bagnolet après la déclaration d'indépendance de l'Algérie. Il occupait alors un appartement au dernier étage... Pendant de nombreuses années, il put profiter d'un atelier et d'un appartement mis à sa disposition par les services sociaux de la ville. C'est grâce à ce soutien de la municipalité qu'il put continuer à peindre. En échange, il lui arrivait de réaliser des affiches ou des plaquettes pour la mairie de Bagnolet.

plaquette réalisée en 1988

Il avait en effet rejoint le groupe des "Malassis", du nom d'un célèbre quartier de la ville de Bagnolet, un groupe d'artistes exerçant leurs arts dans la municipalité. Cela lui permit de prendre part à de nombreuses expositions en France et à l'étranger.

Des expositions reconnues.

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Couverture du catalogue de l'exposition Odermatt

De son vivant, Freddy Tiffou connut le succès et fut exposé à plusieurs reprises à Paris notamment dans la Galerie Hervé Odermatt depuis fermée. Cette exposition qui eut lieu en 1974 fut à l'époque plutôt bien accueillie.
Le catalogue de cette exposition est encore aujourd'hui consultable à la Bibliothèque du Musée du Louvre. On peut ainsi y lire une préface signée par Alain Bosquet.


Tiffou et le bonheur inquiet.

Les peintres de chez nous - qu'on ne voie là aucune remarque péjorative - sont, depuis un siècle, des peintres du bonheur. De Manet à Braque en passant par Seurat, Monet, Matisse, Dufy, Bonnard, les plus incontestables de nos artistes se sont astreints à donner de la vie un réjoui : les corps épanouis de Renoir et intérieurs de Vuillard, tout concourt à l'image d'une félicité. Pour un Rouault - on chercherait en vain un autre peintre aux accents tragiques - que d'horizons riants, de bouquets agréables, de seins qui sautillent, de lèvres sensuelles ! Il faut, en revanche, se dire que loin de ce bonheur, les peintres venus ici d'autres pays ont préféré les sondages exacerbés, la poésie totale, les hardiesses de la pensée, le recours au subconscient : Picasso et sa rage. Soutine et son univers deliquescent. Kandinsky et ses rêves géométriques.

Il n'est pas étonnant quand on découvre un jeune peintre aussi doué que Tiffou, de constater que tout naturellement il vient rejoindre ses ainés dans les limites de ce bonheur à la française, qui est non seulement affaire de choix, mais ambition de l'âme. A première vue, comme si Tiffou voulait illustrer les paroles de Baudelaire, tout semble luxe, calme et volupté en ses toiles : un luxe de soleil et d'évidences dans les visages ainsi que dans les objets familiers, un calme que peu de gestes peuvent déranger, une volupté qui ne crie jamais ses triomphes mais préfère une réserve pudique. Peu à peu cependant, on se convainc que ce bien-être explicite recèle des secrets, ou du moins des interrogations sans doute surmontées : jamais tout à fait surmontées. L'insistance du blanc - comme un voile de poussière ou une étoffe presque transparent par dessus les couleurs joyeuses - fait naitre des soupçons. Cette blancheur - oui, ce blanchiment et même ce blanchissage devenu soudain effréné - est plus qu'une habitude de peintre : c'est une philosophie des choses à montrer. On en déduit que c'est aussi une dimension morale : les paysages et les êtres auraient donc besoin de purification ? Il n'appartient pas à Tiffou de nous le proposer de façon précise : c'est une simple suggestion, mais qui crée en nous d'étranges prolongements. On en vient à examiner les toiles avec une attention plus appuyée. Ces répétitions d'un thème ou d'un visage, n'est-ce pas comme le regret ou le souvenir d'un ancien drame ? Ce réel, ne serait-il pas un réel dissimulé ?

Des hierarchies tout à coup chavirent. On considérait cet essuie-mains comme un détail du décor ; mais le visage ou l'épaule en deviennent bientôt les victimes. On se demande au bout d'un moment de réflexion, si le corps dévore le décor, ou si le décor dévore le corps. Ce ne sont pas de vaines spéculations : Tiffou a l'art de glisser entre deux évidences comme un regard douloureux. Le monde que nous croyions si direct, si apte à goûter sa propre béatitude, se tend un miroir : plusieurs miroirs où il peut aussi bien s'admirer que se remettre en cause. Une formule constante y prédispose encore davantage : le pseudo-collage. Dans nombre d'oeuvres, on s'imagine que les attitudes humaines sont comme coincées par des couches de papiers peints. De près, on découvre que c'est une illusion : ce que nous prenions pour un collage, est bel et bien la virtuosité d'un pinceau rieur : oui, moqueur et plein de ressources ironiques. Une fille dort - et si le cauchemar la guettait ? Un visage se promène à plusieurs exemplaires - et si c'était dans l'impossibilité de s'intégrer ? Des fruits vivent dans un tiroir - et si c'était pour mieux échapper à la pourriture ? Le bonheur de Tiffou reconnait le tremblement. Ce peintre hospitalier a des gravités profondes. On l'aime assez vite, peut-être aussi parce qu'il a des blessures invisibles à nous révéler.

Alain Bosquet

Des commandes grandioses.

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Touba est la capitale de la confrérie musulmane des Mourides. Situé à environ 150 kilomètres à l'est de Dakar, elle est la deuxième ville du pays. Elle fut fondée en 1887 par le Cheikh Ahmadou Bamba. C'est un projet faramineux. Une dynamique axée sur une dialectique entre le spirituel et le temporel va structurer l'évolution de la ville. Le Cheickh Ahmadou Bamba Mbacke veillera à ce que Touba présente toutes les caractéristiques d'une cite musulmane. Il tracera lui même, les grands axes de l'organisation de l'espace et notamment la Mosquée de Touba,un monument islamique unique en Afrique. En effet, Touba abrite une grande mosquée autour de laquelle la ville est construite en un plan initial radiocentrique. La mosquée dont le minaret culmine à plus de 80 mètres a été inaugurée le 7 juin 1963 en présence du Président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor.
Cependant, Touba va connaître une évolution majeure à la fin des années 70, une évolution démographique qui va complètement bouleverser son mode de vie et de fonctionnement. Elle va passer d'une situation de ville de pèlerinage et de retraite pieuse, à celle d'une métropole économique de 250 000 habitants dans les années 90. Plus de 50% de sa population évolue dans le secteur tertiaire et en particulier le commerce.
Ainsi, Freddy Tiffou fut mandaté par Ousefal Kebe pour réaliser des peintures dans la Salle du Peuple du Palais Touba. Cette vingtaine de grands tableaux animaliers furent réalisés pour un groupe hôtelier africain. Il faut bien voir que c'est un projet colossal, l'une des plus impressionnantes réalisations architecturales contemporaines. Touba est une ville sénégalaise en pleine mutation et ce fut donc un immense honneur pour l'artiste de participer à ce projet faramineux. Malheureusement, aujourd'hui, il semble impossible de savoir ce que sont devenues ces toiles.

Un professeur émérite.

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En 1977, Freddy Tiffou vint enrichir la liste des professeurs de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Lyon. Depuis sa création, celle-ci n'a cessé d'évoluer et de se diversifier au rythme des changements de la réalité artistique contemporaine. Malgré des peintures relativement « classiques », Freddy Tiffou était amateur de manifestations d'avant-garde et autres « performances ». C'est son profil alléchant et sa motivation qui décida le directeur de l'établissement, Philippe Nahoum, à faire appel à lui. Il y enseigna alors la peinture à de jeunes étudiants venus des quatre coins du monde. Il prenait très à coeur ce poste de professeur. Il se montrait très discret sur ses travaux et il ne se mettait jamais en avant. Pendant toute la durée de son contrat, il se tint à ce principe. Il s'investit totalement dans les tâches qui lui furent confiées voire même davantage. En effet, il était l'un des syndicalistes CGT (Confédération Générale du Travail) de l'école et il était visiblement très engagé politiquement. Malheureusement, c'est aussi au cours de cette période que sa production personnelle connue un net ralentissement.

Un syndicaliste engagé !

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En 1983-1984, Jack Lang, alors ministre de la culture, lui confie une mission de réflexion à propos du statut de l'artiste. Il est l'un des membres les plus influents du Syndicat National des Artistes Peintres dont la porte-parole est Françoise Arthaud. Même si ces négociations n'aboutirent qu'à quelques peccadilles au niveau financier, Freddy Tiffou peut être en partie tenu responsable de la reconnaissance de la condition précaire de l'artiste. Grâce à lui, les peintres acquièrent un statut professionnel. Peindre devint leur métier. Jusqu'à alors, ils ne profitaient d'aucune protection vis-à-vis de leur profession incertaine.

Un homme discret...

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Freddy Tiffou s'éteignit en 2002 à Bagnolet à l'âge de 69 ans. Freddy Tiffou était un véritable artiste. Un doux parfum de mystère flotte autour de lui... Sur cette photo, on retrouve son regard absent, cette pudeur sensible qui émane de sa personne. Malgré son corps frêle, il savait ce montrer résistant... Résistant il le fut aussi face à la maladie de Colette et sa mort prématurée... Aujourd'hui encore sa famille en parle comme d'un homme bon, drôle, surprenant, sincère, humble, imprévisible, discret, plein de talent, d'idées et d'humour.